Bâtiment : Une croissance de l’activité de 0,9 % cette année

Les effectifs devraient enfin se stabiliser, après 70 000 pertes d’emplois en deux ans. À la condition, précise le président Jacques Chanut, que soit combattue la fraude au travail détaché.

Il y a, dans le bâtiment, deux indicateurs qui ne trompent pas, les consommations de béton prêt à l’emploi et de ciment, deux produits non stockables. En hausse respectivement de + 3,2 % et + 4,5 % sur les trois derniers mois, « ils confirment le retournement positif de tendance », s’est réjoui hier Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment (FFB).

« Retournement » est le mot, après huit années de difficulté, « la plus longue et la plus dure des crises traversées depuis la Seconde Guerre mondiale », selon la FFB. L’activité du secteur, encore négative l’année dernière (-3 %), sera légèrement positive cette année (+0,9%), notamment grâce à la « vive accélération » des ventes de logements neufs. L’effet sera immédiat sur l’emploi : les effectifs devraient se stabiliser, les 10 000 suppressions de postes de salariés étant compensées par autant de créations de postes d’intérim, après la perte de 70 000 emplois en deux ans.

« Accélérateur de croissance »

Mieux encore, la bonne nouvelle diffuse au-delà du secteur. La reprise annoncée de l’investissement des ménages (+ 2,5%), qui s’appuie à 85 % sur les achats de logement neuf et les dépenses de gros entretien, aura un » accélérateur de croissance » pour l’ensemble de l’économie française, souligne Jacques Chanut.

La leçon est claire : « Surtout, ne touchez à rien de ce qui marche ! » lance aux pouvoirs publics le président de la FFB, citant divers dispositifs de soutien (loi Pinel, nouvelle formule du prêt à taux zéro, crédit d’impôt pour la transition énergétique…).

Même recommandation sur le pacte de responsabilité et le CICE, dont le gouvernement fera un premier bilan aujourd’hui : « Il a permis à beaucoup de boîtes de tenir », explique Jacques Chanut, pointant sa propre entreprise dauphinoise de 80 salariés, pour laquelle cette aide équivaut à un tiers du résultat d’exploitation. Le ton est plus négatif sur la loi Travail : « Je n’y crois plus du tout », lâche Jacques Chanut. Il regrette en particulier l’abandon des accords de branche, « qui servent à protéger les entrepreneurs » de la « course folle au toujours moins cher ». Dans le même registre, il en appelle à la multiplication des contrôles et des sanctions contre la fraude au travail détaché.

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