A long terme, si les Etats-Unis continuent leur politique actuelle, le dollar
sera grillé, car plus personne n’en voudra. Le problème
aux Etats-Unis, c’est que le consommateur dépense plus qu’il
ne gagne. Le gouvernement dépense plus qu’il ne gagne et le
pays tout entier vit au dessus de ses moyens. On a un manque d’épargne
lié à la consommation des ménages un déficit
budgétaire public, et un déficit de la balance courante des
Etats-Unis. On a donc une économie toute entière au sein de
laquelle le gouvernement, le secteur privé et les ménages,
dépensent tous plus qu’ils ne gagnent. Et cette accumulation
de dettes va devenir insoutenable.
Les Etats-Unis empruntent des sommes phénoménales, pratiquement
800 milliards de dollars par an. Des sommes tellement énormes qu’on
a du mal à imaginer ce que ça représente. Si on mettait
bout à bout des billets de 1 dollars, on pourrait peut-être
aller jusqu’à la lune.
Pour la première fois dans l’histoire, la plus grande puissance
économique du monde, est aussi celle qui doit le plus d’argent
à la terre entière. Les économistes sont partagés.
Il y a les pessimistes et les optimistes. Un tel déséquilibre,
du jamais vu au Etats-Unis, annonce-t-il une grave crise mondiale ou représente-t-il
au contraire, le moteur de la croissance américaine et internationale.
Première chose, les Etats-Unis sont au centre de tout. Les gens
s’y sentent en sécurité, le système financier
est très développé et fluide, et cela donne envie
aux étrangers d’accumuler des actifs aux Etats-Unis. Ils
veulent posséder de l’immobilier, des bons du trésor,
des actions, et c’est pour ça qu’ils ont accepté
de prêter cet argent aux Etats-Unis. Parce que ça les arrange
d’amasser tous ces actifs.
Si on emprunte, on a l’impression d’être plus riche,
mais c’est faux, tôt ou tard il faudra rendre cet argent plus
les intérêts, donc en fait, nous ne sommes pas plus riches,
mais plus pauvre du montant des intérêts. Mais nous ne sommes
pas obligés de les rendre tout de suite… Tant que ça
peut attendre…
On est tourné vers l’avenir, que va-t-il se passer demain,
c’est un trait de caractère aux Etats-Unis. Tout le monde
se dit « je n’ai rien aujourd’hui, mais quand je vois
toutes ces voitures, ces grands immeubles, je sais que je peux réussir.
» Les américains sont optimistes. La dette est un sujet trop
négatif pour qu’ils s’en occupent. On verra plus tard,
toujours plus tard.
Depuis 6 ans, ce pays est dirigé par des gens viscéralement
hostiles à l’état providence, et très favorables
aux catégories à hauts revenus. Ils ont été
à en bousiller le système fiscal en faveur des plus riches.
Ils y sont arrivés par petites étapes qui n’avaient
pas l’air bien méchantes prises séparément,
mais qui globalement ont eu un effet très néfaste. Ils disaient
« on baisse les impôts pour tout le monde » ce qui n’était
pas tout à fait vrai, car ils réduisaient surtout les tranches
d’imposition des plus riches. Le système fiscal a donc subi
de grands changements. Très favorables à ceux qui gagnent
plus de 500.000 dollars par ans et beaucoup moins à ceux qui ont
un revenu de moins de 40.000 dollars par ans. Ceux-là n’en
profitent pratiquement pas.
Le gouvernement Bush est convaincu que baisser les impots stimule l’économie,
et c’ets juste, une faible économie stimule toujours l’économie,
mais il ne faut pas baisser les impots puis compenser la baisser des revenus
de l’état en empruntant. C’est ça le problème.
Les démocrates qui ont maintenant la majorité au congrès,
sont très préoccupés par la dette. C’est une
de leur principale critique à l’égard du gouvernement
Bush. En plus de la politique étrangère des Etats-Unis,
qui n’est pas seulement une mauvaise idée, mais une initiative
très couteuse. Les américains dépensent 4 milliards
de dollars par semaine pour une guerre qu’ils sont en train de perdre.
Le président Bush l’a dit très souvent : « il
faut consommer, dépenser, aider l’économie en dépensant
mais le consommateur est endetté et si dépenser aide surement
l’économie en ce moment, ça l’aidera peut-être
lui à se faire élire. Ca l’a sans doute aidé
à se faire élire, mais à long terme, ou maintenant,
ce n’est pas une bonne idée du tout.
« Faites crédit, et consommez, ça créera de
l’activité et donc du revenu et donc de l’épargne
pour financer l’activité ».
Voilà ce que disait en 1936 le célèbre économiste
Klein. Le consommateur américain est harcelé par les organismes
de crédit. Tant que la bourse et les valeurs immobilières
sont au plus haut, le consommateur se sent riche. Il dépense plus
qu’il gagne, et il emprunte. En moyenne 20.000 dollars par personne.
Il épargne peu. Dans cette période d’euphorie financière,
les banques de crédit poussent à l’emprunt, y compris
les jeunes et les plus démunis.
Témoinage d’une américaine :
« S’endetter est un mal nécessaire. On ne peut rien
faire sans s’endetter. On ne peut ni louer d’appartement,
ni acheter une maison, ni acheter une voiture si on en veut une. On doit
s’endetter, avoir un bon crédit. C’est mon cas, j’ai
3 cartes de crédit, une que je n’utilise pas, une que j’utilise
et rembourse chaque mois. C’est comme ça que j’ai un
très bon crédit. Le propriétaire me dit : «
je vous loue l’appartement. » Mais 20.000 dollars de dettes,
ce n’est pas vraiment top. Ma coloc prend toutes les offres de cartes,
elle profite du crédit gratuit pour transférer ses dettes
sur les nouvelles. Elle ne sait même pas combien elle en a. En fait,
plein de gens font ça. C’est limite. On cherche tout le temps
à nous faire acheter. Emprunts, cartes de crédits, c’est
tellement plus facile d’acheter sans avoir l’argent. Très
peu de gens vivent selon leurs moyens. En fait, vivre selon ses moyens,
n’est pas forcément bien. Mais acheter pour acheter, juste
pour le plaisir, je ne suis pas fan… »
Témoignage d’un français en Amérique
:
« Quand je suis arrivé je n’avais pas d’argent,
mais je m’étais décidé d’aller à
l’école, et je me suis débrouillé comme tout
le monde. D’abord par le travail, puis par les cartes de crédit,
et c’est comme ça que j’ai pu payer mes études
de premier cycle. J’avais 8 cartes de crédits, je ne veux
plus prendre de crédit, mais j’ai les débit cards,
c’est plutôt l’argent que vous déposez en banque,
et que vous utilisez comme crédit. J’en ai 3, parce que j’ai
trois banques. Le yellow car, mon taxi, je l’ai acheté. S’il
n’y aviat pas ces crédits, je ne pourrais pas réaliser
mes rêves. Je serais resté dans des petits boulots, comme
tout le monde, et continué à être un aventurier avec
des petits boulots, et ce n’est pas ce que je comptais faire dans
ce pays. Je pensais plutôt à de grandes choses, il fallait
repartir à l’école. Le système d’endettement,
de recevoir de l’argent facilement auprès des banques, m’a
vraiment aidé à payer mes études, et je crois, avec
l’aide de dieu, que je vais atteindre mes objectifs. C’est
ce qui est marqué sur les dollars « in god we trust »
!
"In god we trust" ou bien "in gold we trust" ? Le
dollar aujourd’hui a remplacé l’or comme étalon
de référence international. C’est le grand privilège
économique américain, gagné dès la sortie
de la guerre en 1944 et renforcé par le président Nixon
en 1971. In dollar we trust ? Croyons-nous vraiment au dollar ? En tous
cas, l’économie mondiale dépend de la valeur du dollar.
On dit que quand l’Amérique tousse, c’est le monde
entier qui s’enrhume.
Les ménages américains se sentent très riches. Parce
que la valeur de leur résidence augmente. Et les Etats-Unis ont
un système financier très sophistiqué, qui permet
d’emprunter facilement. Alors le consommateur moyen qui voit le
prix de sa maison augmenter de 20% se dit « super, je peux m’acheter
un nouveau magnétoscope, une télévision à
haute définition écran plat » il obtient de sa banque
un prêt de la valeur de sa maison, sur la plus value de sa maison
et s’achète une télévision. Et que fait la
banque avec l’argent ? Elle crée des produits financiers
sur un marché secondaire, que n’importe qui dans le monde
peut acheter. Arrive alors la banque centrale de Chine, qui en a peut-être
marre d’acheter des bons du trésor américain, l’emprunt
d’état, qui ne sont pas très rentables et qui se dit
: on peut acheter ces crédits immobiliers pris par les emprunteurs,
garantis par la City Banque et la banque émettrice, et qui rapporte
plus, pourquoi ne pas en acheter ? C’est comme cela que l’argent
finit en Chine, voire en Arabie Saoudite. C’est comme ça
que tout cet argent passe dans leurs mains. En fait, il semblerait qu’environ
30% de la totalité des prêts américains finissent
quelque part en Asie.
Chez Wal Mart, la plus grande chaine de super marchés américaine,
70% des marchandises proviennent de Chine. L’argent du magasin finit
par aller en Chine, qui fait des bénéfices dessus. Wal Mart
en fait aussi, d’autres se servent au passage, mais la Chine reçoit
aussi la part du gâteau. C’est comme ça qu’elle
trouve les liquidités pour acheter les prêts américains.
Et la boucle est bouclée. Les américains se retrouvent avec
une grosse télé haute définition, et quelqu’un
en Chine, et c’est pareil au moyen Orient, quelqu’un détient
la créance, la dette d’un américain. Remarquez bien
qu’il s’agit d’une dette privée et non publique.
Mais ils détiennent aussi la dette publique.
Il existe sans aucun doute, une inter dépendance entre les Etats-Unis
et la Chine et l’Asie et le reste du monde. La chine fournit à
la fois les produits et le financement, mais la situation est instable.
Parce qu’un pays ne put pas passer son temps à importer les
services et biens de l’étranger en donnant uniquement en
échange au reste du monde des bouts de papiers où il est
écrit « je vous dois de l’argent dans le futur »
!
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