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Dossiers » Grands projets » Gratte-ciel, enjeux futurs |
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1 - Guérir de la folie des grandeurs |
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Dès le début du XXe siècle, les progrets techniques
ont permis d'envisager la réalisation de gratte-ciel de plus de
mille mètres de hauteur ! En 1956, une tour de 528 étages
et de 1,6 kilomètres de haut est envisagée.
Les ascenseurs à grande vitesse permettent de dépasser les
110 étages, mais les limites physiologiques de l'homme sont atteintes.
En effet, l'être humain décompresse facilement dans un ascenseur,
mais pas l'inverse.
Quant aux contraintes relatives aux vents et aux effets de cheminée
qui engendrent d'énormes pressions sur l'enveloppe des bâtiments,
elles pourraient être surmontées, mais à grand frais
...
Aujourdhui, il ne sagit plus daller encore plus haut
ou de faire des bâtiments plus résistants, mais daméliorer
la qualité de la vie à lintérieur. Lair,
lensoleillement et la redéfinition des espaces sont les enjeux
du XXIe siècle.
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2 - Des grands espaces de travail |
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Aujourdhui, beaucoup dentreprises réduisent les niveaux
de hiérarchie. Les entreprises fonctionnent désormais par
«groupes de travail» . Dans plusieurs réalisations récentes,
le personnel cadre est amené à quitter les bureaux fermés
contre des espaces partagés mais de meilleure qualité. On
cherche donc à construire des espaces intérieurs sans colonnes
: celles-ci sont déplacées à l'extérieur ou
dissimuler à même les espaces techniques (escaliers, ascenseurs,
cabinets, etc.).
Pour les architectes, cette reconfiguration des espaces doit se faire
sans augmenter le poids de lédifice. Ce défi est de
taille car, alors que la distance entre deux colonnes d'un bâtiment
conventionnel est de l'ordre de 7 à 8 mètres, les appuis
de la structure des planchers des bâtiments «sans colonnes»
peuvent être trois fois plus éloignés. La technique
consiste donc à faire travailler les façades comme d'immenses
poutres ajourées. À cet égard l'ancien édifice
de l'O.A.C.I., situé à l'angle des rues Sherbrooke et Metcalfe,
à Montréal, fait figure de précurseur. Terminé
en 1975, ce bâtiment montre clairement comment on a recours au système
des «poutres Vierendeel» . C'est une solution similaire qu'on
a employée dans l'un des édifices les plus évolués
à tous les points de vue aujourd'hui : celui de la Commerzbank
de Francfort, en Allemagne, inauguré à la fin de 1997. Dans
ce dernier cas, les poutres, au lieu d'agir sur la hauteur d'un seul étage,
le font sur une hauteur de huit étages, ce qui procure une grande
rigidité à lédifice et une économie
substantielle dans le coût des matériaux.
Les exemples fournis par les Banques de Hong Kong et de Shanghai, bien
que complétés il y a environ dix ans, sont encore plus radicaux
d'un point de vue structural. Les poutres ajourées principales
sont triangulées et très fortement perceptibles dans l'expression
du bâtiment puisque soutenues par d'immenses colonnes toutes situées
à l'extérieur. Ces poutres agissent comme des ponts auxquels
les étages sont littéralement «suspendus» par
groupes. En rapport à un édifice conventionnel de hauteur
équivalente, ce bâtiment de 47 étages affiche un poids
de structure 20 fois inférieur.
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3 - A la quête de l'air pur |
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Les données médicales sont éloquentes quant aux conséquences
de la mauvaise qualité de l'air pour la santé. Ceux qui
sont fragilisés le sont pour la vie et les enfants s'avèrent
particulièrement vulnérables. Parmi les maladies ou symptômes
dus à la mauvaise qualité de lair, on retrouve les
maux de tête, l'asthme, le syndrome de fatigue chronique, ou encore
la maladie du légionnaire.
Les responsables de la mauvaise qualité de lair dans les
bâtiments sont aujourdhui clairement identifiés. Les
matériaux synthétiques, arrivés sur le marché
ces dernières années, sont les principaux coupables. Certains
dentre eux poursuivaient en effet leur cycle de maturation après
leur mise en service, en dégageant des émanations toxiques
! La nécessité de sceller davantage l'enveloppe du bâtiment
et la baisse des taux de renouvellement d'air pour des raisons d'économie
d'énergie sont quant à elles considérées comme
des facteurs aggravants de la pollution intérieure des bâtiments.
En guise de solution, on produit aujourdhui de plus en plus de matériaux
sains. Des procédés de récupération et la
mise au point de liants dépourvus de solvants ou d'autres substances
nocives constituent des alternatives économiques. Quant à
l'étanchéité du bâtiment, elle reste indispensable,
simplement parce quelle évite la formation de moisissures
dans les murs à cause du passage d'air humide... Cest donc
vers de meilleurs systèmes de ventilation que l'on oriente la recherche.
La Commerzbank de Francfort est un exemple dédifice du futur
en ce qui concerne la qualité de lair. La tour est évidée
en son centre. Cet immense atrium, en plus de contribuer à l'éclairage
naturel, permet la circulation de l'air dans un mouvement de spirale ascendante
entre six jardins (d'une hauteur de quatre étages chacun) répartis
à divers niveaux sur les trois orientations. Ce mouvement d'air
profite évidemment aux espaces de bureaux et entraîne l'arrivée
d'air par les fenêtres ouvrantes dont ils sont pourvus. Aucune turbulence
ne caractérise cette arrivée d'air, même aux niveaux
les plus élevés : le mur-rideau comporte une deuxième
paroi vitrée à quelques pouces devant les fenêtres,
sur toute la surface extérieure, afin de régulariser les
débits par des ouvertures spécialement conçues.
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4 - Des matériaux nouveaux |
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Les métaux
- L'acier :
Lacier est le métal le plus en usage dans le bâtiment.
Cest à Chicago, en 1883, que naît le premier bâtiment
doté d'une véritable structure en acier. Il s'agit du
Home Insurance Company Building. La hauteur de chacun de ses onze étages
atteint près du double de ceux que l'on construit aujourd'hui.
En 1909, cest encore avec lacier que la frontière
des 50 étages est franchie. Aujourdhui, toutes les constructions
en béton comportent des armatures dacier : c'est le fameux
«béton armé»!
Trois matières premières principales entrent dans la production
de l'acier : le minerai de fer, le coke métallurgique et la ferraille.
Le passage du minerai de fer et du coke dans un haut-fourneau donne
de la fonte, à partir de laquelle on produit l'acier.
C'est avec le procédé Bessemer, mis au point en 1855 par
l'ingénieur britannique du même nom, que l'on parvient
à transformer économiquement et en grandes quantités
la fonte en acier. La technique consiste à injecter de l'air
sous pression dans la fonte en fusion. Depuis longtemps, cependant,
on savait déjà de façon empirique qu'un apport
d'air permettait d'obtenir un métal beaucoup moins cassant. Ce
phénomène s'explique du fait que l'oxygène suscite
la combustion du carbone contenu dans la fonte (produisant du monoxyde
de carbone) et permet ainsi de doser la teneur en carbone résiduel
dans le métal. Quatre tonnes d'air sont requises pour produire
une tonne d'acier. Depuis, la méthode Bessemer a connu des perfectionnements
et des variantes, afin de tenir compte des usages divers auxquels le
métal est destiné, de la composition des minerais selon
leur provenance, etc.
- Laluminium
Qualifié de «curiosité de laboratoire» en 1825,
l'aluminium le restera jusqu'à la fin du XIXe siècle.
On le retrouve sur un bâtiment pour la première fois en
1884, sous la forme d'une petite pyramide de 25 centimètres de
haut placée au sommet du monument dédié à
George Washington. Sa légèreté avait frappé
limagination des militaires, mais puisquil nexistait
pas de procédé convenable de transformation du minerai,
laluminium fut longtemps confiné à des usages assez
marginaux. Le roi Frédérick VII du Danemark, par exemple,
possédait un casque d'aluminium orné d'or. Quant à
Napoléon III, ses invités étaient en mesure de
jauger leur importance aux yeux de l'empereur selon que la coutellerie
était en aluminium ou en or - ce dernier métal étant
attribué aux personnages de second ordre !
L'aluminium est fait d'alumine hydratée (Al2O3, nH2O). Présente
en abondance sur toutes les latitudes dans les argiles, le feldspath
et les schistes, on ne peut l'extraire de façon économique
qu'à partir de la bauxite rouge. Le procédé Bayer
est le seul qui permette la première étape d'extraction
de l'alumine pure de la bauxite : après le broyage, on obtient
un produit intermédiaire, l'aluminate de sodium, par réaction
dans une solution d'hydroxyde de sodium. Une calcination à 1300°C
est ensuite nécessaire. L'alumine obtenue est un matériau
réfractaire qui ne fond qu'à environ 2000°C, ce qui
explique la quasi impossibilité de l'obtenir au XIXe siècle.
L'électrolyse dans une solution à 950°C est la technologie
qui finit par s'imposer : 1 900 kg d'alumine, 400 kg d'anodes en carbone
et 14 000 kWh permettent de produire 1 tonne d'aluminium pur à
plus de 99 %.
Dans la construction, laluminium sera dabord été
employé pour garnir les toits. En 1931, lors de sa construction,
le célèbre Empire State Building est paré de panneaux
d'aluminium. Par la suite, on commence à utiliser ce métal
pour les portes et les fenêtres. Apparu au début des années
1950, le mur-rideau (panneaux de verre et daluminium pour couvrir
les gratte-ciel) permet aux alliages d'aluminium de faire pleinement
valoir leurs qualités (résistance à la corrosion,
légèreté, résistance structurale, etc.).
Le béton
- Le béton « classique »
Après leau potable, le béton est le produit le plus
consommé dans le monde. Plus de cinq milliards de mètres
cubes sont fabriqués chaque année ! Sa découverte
remonte à l'Antiquité romaine, alors que l'on trouve accidentellement
sur les pentes du Vésuve un minerai à base de silice et
d'alumine. Mélangé à la chaux et brûlé,
il en résulte un ciment plus résistant et adhérant
que tous les mortiers connus et doté de la caractéristique
unique de durcir aussi bien sous l'eau qu'à l'air libre. Les
éléments essentiels de la composition de ce béton
sont les mêmes que ceux quon utilise aujourdhui.
Cest en Angleterre, au début du XIXe siècle, que
le béton est «re-découvert» , à la suite
de recherches effectuées plus ou moins à tâtons
à partir de mortiers produits aussi bien naturellement qu'artificiellement.
En 1824, Joseph Aspdin dépose le premier brevet d'un ciment artificiel
constitué principalement de calcaire (CaO), de silice (SiO2),
d'alumine (Al2O3) et d'oxyde de fer (Fe2O3). On lui attribue l'appellation
«Portland» , en raison de sa ressemblance à une pierre
à chaux du même nom. À Montréal, l'emploi
du béton Portland à des fins structurales remonte à
1910 : l'architecte Omer Marchand l'utilise pour la construction d'un
bâtiment que l'on retrouve encore à l'angle des rues Sherbrooke
et Saint-Laurent.
Le béton est devenu un matériau de construction universel
parce quil est peu coûteux et facile à fabriquer.
Il épouse à peu près toutes les formes et les ingrédients
nécessaires à sa fabrication sont abondants. Une fois
sec, il est solide comme de la pierre et dure des siècles. Lajout
dune armature en acier (béton armé) a affranchi
le béton dun de ses défauts - soit une faible résistance
à la traction - et en a fait un matériau aux possibilités
immenses.
- Le super-béton
En ajoutant au ciment des granulats, des adjuvants minéraux et
des polymères, il est possible dobtenir des bétons
beaucoup plus performants que le béton «classique»
. On peut ajouter un plastifiant qui rendra le béton plus onctueux
et donc plus facile à couler. Des polymères à base
de mélamine empêcheront la floculation, c'est-à-dire
la formation de flocons de ciment qui retiennent leau et empêchent
une bonne hydratation de la poudre. Grâce à ces additifs,
on peut ainsi jouer sur limperméabilisation du béton,
sur son uniformité ou encore sur sa résistance.
Depuis les années 1920, la résistance à la compression
s'est accrue par un facteur de 100. Ces progrès ont permis, par
exemple, de concevoir des voûtes souterraines parfaitement étanches
et capables de recevoir des déchets nucléaires. La conception
des ponts, où les portées de plus en plus longues dépendent
de la résistance du béton lui-même, a également
profité de ces récents progrès.
Dans une perspective environnementale, des travaux intéressants
se poursuivent afin dutiliser des déchets et des sous-produits
comme adjuvants ou granulats sans compromettre la conformité
aux normes auxquelles le béton est soumis. Parmi les matériaux
étudiés, on peut trouver des déchets de centrales
thermiques, du béton récupéré, des déchets
provenant de l'exploitation de mines et de carrières, du verre
de récupération, des résidus d'incinérateur,
de l'argile cuite, de la sciure de bois, etc.
- Le béton conducteur
Linnovation du «béton conducteur» consiste à
incorporer dans le mélange de béton des fibres de carbone
et des particules conductrices (notamment de la poussière de
coke) en quantité suffisante pour qu'elles forment un réseau
et que l'on obtienne une conductivité électrique élevée.
Des fibres plus longues, en conjonction avec des armatures conventionnelles,
permettent d'accroître la performance structurale du matériau
- notamment en offrant une meilleure résistance à la micro-fissuration.
On envisage d'utiliser cette nouvelle famille de bétons pour
chauffer des planchers. On procède actuellement à des
essais afin de déterminer si ce procédé parvient
à faire fondre la neige et la glace sur les tabliers de ponts
et des tronçons de routes sans avoir recours aux techniques traditionnelles
dépandage dabrasifs.
Le verre
- Le verre « classique »
L'origine du verre se perd dans la préhistoire. Ce matériau
est le résultat de la fusion de la silice (presque toujours à
60 % et plus) et d'autres oxydes, comme la chaux ou la soude. On a retrouvé
dans les ruines de Pompéi des échantillons atteignant
80 cm sur 100 cm, signe que dès cette époque, le verre
était utilisé comme vitrage.
Avant le XIXe siècle, on obtenait des surfaces planes à
partir de cylindres de verre soufflé que lon devait ensuite
dérouler. A partir de cette époque, la technique évolue
et les cylindres peuvent atteindre 15 mètres de long. La réalisation
d'un bâtiment tout de verre devient alors possible. En 1851, l'Exposition
universelle de Londres accueille le Crystal Palace. Tout l'édifice
est modulé sur la longueur de la plus grande vitre usinable,
soit 1,25 m. Ce mode de composition utilitaire va créer une importante
brèche dans tous les principes classiques de proportions basées
sur la géométrie euclidienne.
Le verre commercialisé aujourd'hui est fabriqué selon
un procédé breveté en 1959 par la firme anglaise
Pilkington. La technique consiste en une succession d'opérations
en continu : le verre fondu est déposé sur un bain d'étain,
refroidi progressivement et coupé en grandes surfaces. Premier
avantage du «verre flotté» : ses surfaces sont parfaites
et parallèles sans polissage d'aucune sorte d'où économie
d'équipements, de matières premières et d'énergie.
De plus, avant la coupe, c'est d'abord un «ruban» de verre
théoriquement infini qui est produit. Les dimensions sont donc
davantage limitées par le transport ou l'installation elle-même
sur le bâtiment que par le procédé de fabrication.
Les immenses baies que l'on retrouve au rez-de-chaussée de l'édifice
de la Banque de Commerce, à l'angle des rues Peel et René-Lévesque
à Montréal, n'auraient pas été possibles
sans cette technologie.
- Le nouveau verre
L'arrivée sur le marché du verre «à faible
émissivité» date du milieu des années 1980.
Ce type de verre filtre la chaleur rayonnante tout en laissant passer
la lumière, grâce à un dépôt sous vide
d'atomes de zinc (le plus souvent) qui forme une pellicule presque invisible.
Le flux de chaleur est réduit dans les deux sens, c'est-à-dire
aussi de l'intérieur vers l'extérieur, avec pour résultat
des économies de chauffage. Moins d'électricité
est affectée à l'éclairage car certains luminaires
peuvent être fermés ou leur intensité diminuée
si l'on installe les contrôles nécessaires. La réduction
de chaleur produite par les luminaires se traduit par des économies
supplémentaires pour la climatisation.
La recherche se consacre aussi à lamélioration des
unités scellées constituées de deux ou trois épaisseurs
de verre et contenant une ou deux pellicules de polyester (mylar) entre
les couches de verre. Le remplacement de l'air sec entre les plaques
de verre par des gaz lourds, afin de diminuer la transmission de chaleur
par convection d'un verre à l'autre, est maintenant assez répandu.
Ces gaz pourraient être remplacés à leur tour par
des aérogels (constitués à 95 % d'air et de 5 %
de silice) d'une valeur isolante supérieure ou par des plasmas
qui permettraient de transformer le vitrage en élément
chauffant.
Quant aux films de cristal liquide, apparus sur le marché au
milieu des années 1990, ils peuvent évidemment bloquer
presque tout le spectre du rayonnement solaire mais leur fonction première
est davantage axée sur l'intimité des occupants. Bref,
c'est une alternative «in» aux rideaux. Enfin, on met aussi
au point des vitrages pourvus de pellicules de polyester recouvertes
de titane ou d'acier inoxydable afin de contrer l'écoute indiscrète
à distance
Divers matériaux
nouveaux
- Matériaux à changement de phase
Encore au stade expérimental, ces matériaux sont appelés
à suppléer aux matériaux classiques comme le béton
ou la pierre. On compte les utiliser dans le cadre de stratégies
dites de «solaire passif» .
Lorsque le rayonnement solaire entre dans un bâtiment, il peut
rapidement en résulter une surchauffe. Contrairement aux matériaux
classiques, les matériaux à changement de phase peuvent
recevoir beaucoup de chaleur dans la journée sans la diffuser
dans lespace intérieur du bâtiment. Ils contiennent
des cellules capables de passer de l'état solide à létat
liquide en accumulant une grande quantité d'énergie. Ce
n'est que lorsque la température ambiante s'abaisse que les matériaux
effectuent la transition inverse en libérant cette énergie
sous forme de chaleur. Les cellules liquides redeviennent alors solides.
- Peintures intumescentes
La vulnérabilité au feu des éléments de
charpente d'acier est assez méconnue du grand public. Il faut
dire que peu d'entre nous faisons l'expérience de l'incroyable
chaleur dégagée lors d'un incendie. Dans un immeuble en
flammes, même des poutres pleines en apparence indestructibles
se tordent et perdent leur rigidité.
Au XIXe, on tentait de protéger la structure du feu à
l'aide de blocs de terre cuite. De nos jours, on utilise plutôt
des panneaux de roche saline (gypse) pour entourer les poutres et les
colonnes d'acier. Ces travaux impliquent des coûts plus ou moins
élevés selon les cas. Cependant, ils privent les designers
de la possibilité de conférer aux espaces intérieurs
une esthétique industrielle où la puissance de l'acier
pourrait être mise en valeur.
Les peintures intumescentes permettent d'éviter ces contraintes.
Appliquées sur le métal, elles forment un film de protection
de 0,5 à 3 mm d'épaisseur. Durant un incendie, sous l'effet
de la chaleur, l'enduit s'accroît en volume pour atteindre jusqu'à
100 mm d'épaisseur. La peinture procure alors une protection
qui peut s'étendre sur une période de 3 heures.
- Pellicules de polymère
Dans les verres à faible émissivité, des pellicules
de polymère - capables de modifier la longueur d'onde des radiations
qu'elles reçoivent - servent à bloquer et rejeter les
rayons ultraviolets à l'extérieur.
L'Institut des polymères de Fraunhofer a mis au point une pellicule
de polymère beaucoup plus ingénieuse. Elle exploite cette
portion moins désirable du rayonnement en la transformant en
lumière visible. Utilisée dans les bulbes à l'halogène
notamment, la pellicule élimine ainsi les ultraviolets, tout
en intensifiant la lumière émise. Elle permet également
d'éviter la dégradation des tissus et des tapis, dont
sont responsables les ultraviolets émis par les luminaires et
qui sont tout aussi dommageables à cet égard que ceux
provenant du Soleil.
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5 - Des techniques innovantes |
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Conception
assistée par ordinateur et simulation
Dans le domaine de la construction comme ailleurs, aucune solution
valable n'est déterminée à l'avance. Pour l'architecte
et l'ingénieur, les dessins ou les maquettes sont avant toute chose
un outil d'investigation, d'analyse et de réduction d'incertitude
d'une foule de facteurs. Depuis les années 1960, quantités
d'outils analogiques d'aide à la conception, comme les essais en
soufflerie ou la simulation de l'ensoleillement, ont été
développés.
L'ordinateur permet daller encore plus loin. En modélisant
lédifice dès sa conception, les logiciels peuvent
générer une infinité de données. Par la suite,
les fichiers de dessins numérisés peuvent être réutilisés
à titre de base de données pour la simulation de séismes,
l'évaluation de la performance énergétique et l'usage
efficace de la lumière naturelle, la conception de l'éclairage
électrique, etc.
Le soutien informatique intervient aussi dans la planification des chantiers
et se prolonge jusqu'à la mise en service du bâtiment. L'intérêt
du support informatique n'est donc pas de simplement faciliter et d'optimiser
l'exécution des tâches mais aussi de stimuler la créativité.
Ventilation et climatisation
L'un des impacts de la crise de l'énergie dans les années
1970 aura été la conservation à tout prix de l'énergie
à lintérieur des bâtiments. En contrepartie,
cette préoccupation est parfois devenue la source de problèmes
de santé. La toxicité des matériaux et l'environnement
de travail scellé suscitent chez les occupants un souci sans précédent
pour la qualité de l'air. Ni les promoteurs, ni les concepteurs
ne peuvent désormais l'ignorer.
Deux solutions originales visent à redistribuer de lair pur
à lintérieur des bâtiments : la ventilation
hybride et le recours aux plantes xérophytiques. La ventilation
hybride est un mélange savamment dosé entre la ventilation
naturelle et lutilisation des instruments de climatisation. On tente
de proposer des configurations de bâtiments où l'apport d'air
frais sera suffisant et équitable pour chacun des occupants. Aussi,
divers «senseurs de concentration de polluants» déclenchent
la mise en marche du système de ventilation lorsqu'ils détectent
des niveaux nocifs de polluants. Pour le gaz carbonique, par exemple,
on sait que les concentrations dépassant 0,1 % peuvent susciter
des malaises chez les occupants, ce que la ventilation hybride permet
d'éviter. En dautres termes, il s'agit d'une ventilation
naturelle «stimulée» par des appareils conventionnels
de ventilation mécanique.
Le recours aux plantes xérophytiques (capables de vivre dans un
environnement sec) mise sur le métabolisme particulier de certaines
plantes qui sont capables d'éliminer efficacement divers contaminants,
tels le formaldéhyde, le benzène, le toluène et le
monoxyde de carbone. D'après des recherches menées de concert
avec la NASA, on évalue qu'un ensemble de plantes dont chacune
s'acquitterait d'une surface occupée de neuf mètres carrés
pourrait contribuer de façon significative à la purification
de l'air ambiant. Ce dernier procédé est en application
au collège MacDonald, sur l'île de Montréal, et également
dans le bâtiment de la Commerzbank de Francfort.
Système de chauffage
On pourrait se chauffer mieux, et pour moins cher. Cest du moins
ce que laissent espérer les résultats d'études récentes
sur l'efficacité de deux nouveaux systèmes de chauffage
: la thermopompe géothermique et le préchauffage de l'air.
La thermopompe géothermique consiste en un système d'extraction
et de transfert de l'énergie thermique du sol vers l'espace intérieur
du bâtiment (et inversement, s'il s'agit de climatiser). Le rendement
d'un tel appareil est trois fois supérieur à celui d'un
élément électrique. L'échange de chaleur dans
le sol se fait par le biais d'une boucle fermée dans laquelle circule
un mélange d'eau et d'éthanol. Ce conduit a un diamètre
d'environ 12 mm et est enfoui dans le sol. Sa longueur varie selon la
charge et la capacité de l'appareil.
Quant au préchauffage de l'air frais, ce système agit au
moment de l'opération du renouvellement de l'air dans le bâtiment.
On installe sur le toit une tôle ondulée et perforée
de couleur noire, ce qui permet une captation maximale du rayonnement
solaire. L'air pénètre par les perforations alors que le
profil de la tôle ondulée crée des canalisations verticales
menant à la partie supérieure de chaque étage où
l'air est pulsé vers l'intérieur. Selon les conditions,
on peut augmenter la température de l'air extérieur de 10°
à 27°C avant de l'admettre dans le bâtiment, ce qui
se traduit par des économies de chauffage.
Système d'éclairage
La technologie peut intervenir de diverses façons afin de maximiser
les avantages de l'éclairage naturel et d'en minimiser les inconvénients.
Des dispositifs scellés à l'épreuve du climat nordique
sont maintenant disponibles afin de capter la lumière solaire directe.
Cet apport lumineux est de 10 à 12 fois supérieur à
celui de la lumière indirecte du ciel. Installé sur la toiture,
l'appareil suit la course du soleil à l'aide d'un module photosensible
relié à un microprocesseur. Des lentilles, miroirs et diffuseurs
prennent en charge les aspects qualitatifs de l'éclairage, en tenant
compte de la configuration des espaces desservis.
Enfin, on sait aujourd'hui faire varier l'intensité de l'éclairage
électrique fluorescent selon les fluctuations de la lumière
provenant de l'extérieur. En plus, on a mis au point des systèmes
intégrés comprenant un réseau de capteurs photosensibles
afin de contrôler le niveau d'éclairement des luminaires.
De cette manière, la luminosité d'ensemble des pièces
demeure relativement constante, évitant ainsi de distraire les
usagers de leurs occupations. Par contre, ce type de système se
doit d'être très minutieusement calibré pour obtenir
l'effet recherché.
Lenveloppe du
bâtiment
L'enveloppe du bâtiment désigne toutes les parois du
bâtiment qui constituent une frontière avec l'environnement
extérieur, dont le sol. L'appellation ne date que de quelques dizaines
d'années, lorsqu'on a commencé à considérer
ces parois sous un angle très particulier : celui de leur rôle
et de leur performance en tant qu'écran ou de filtre. Les parements
extérieurs, les mortiers, les attaches reliant la brique à
la structure, les membranes de polyéthylène, les solins
(garnissage en plâtre ou en mortier destiné à raccorder
deux surfaces), les membranes de couverture ou les isolants sont divers
matériaux constituant l'enveloppe.
La pluie, lair, la chaleur et la vapeur deau sont rarement
appréciés à lintérieur dun bâtiment.
Une fois infiltrés, ces éléments amènent souvent
une dégradation générale, une surconsommation énergétique
et, à la limite, la structure même peut être mis en
péril. Cest pourquoi on tente de contrôler - sinon
dempêcher - le flux de tous ces éléments à
travers lenveloppe du bâtiment.
Une innovation canadienne de premier plan pour lenveloppe du bâtiment
a été la mise au point, dans les années 1950, du
concept d'écran «pare-pluie» . En travaillant derrière
le revêtement du mur, on parvient à faire en sorte que le
vent - qui pousse l'eau vers l'intérieur - crée lui-même,
presque instantanément, une pression dans la cavité murale
qui lui est égale et contraire, annulant sa poussée de l'eau.
Les phénomènes de condensation de surface s'expliquent par
la capacité décroissante de l'air à contenir la vapeur
d'eau à mesure que sa température diminue. Autrement dit,
si l'air contient trop de vapeur d'eau dans une partie chaude du mur,
il y aura condensation lorsque cette vapeur se diffusera dans une portion
plus froide. Pour contrer ces problèmes, on a recours à
un «pare-vapeur» . Mais il est aussi important de tenir compte
de la perméabilité des matériaux. Un logiciel conçu
au Québec permet d'établir la bonne succession des matériaux
dans l'enveloppe du bâtiment.
Les défis qui se posent lors de la conception d'enveloppes thermiques
proviennent d'un désir d'en faire un système plus perméable
mais sélectivement. Les murs-rideaux à double paroi, comme
on en retrouve à la Commerzbank de Francfort, en sont un exemple.
On peut éventuellement s'attendre à l'apparition de divers
senseurs dont le rôle serait de modifier les passages directs de
l'air, de la lumière et de la chaleur en fonction du maintien des
conditions optimales de confort à l'intérieur.
L'immotique
La domotique réfère à des systèmes de
gestion de l'habitation individuelle. Le terme immotique s'applique aux
bâtiments de plus grande envergure de toutes sortes. Ces systèmes
assurent la gestion intégrée de la sécurité,
du chauffage, de la climatisation, de la ventilation et des systèmes
électriques (notamment l'éclairage). Les capteurs de concentration
de polluants en font également partie.
Une particularité de ces systèmes est que les commandes
de marche, d'arrêt ou autres sont acheminées vers les appareils
concernés sans câblage additionnel. Grâce aux protocoles
de communication X-10 ou CEBus, le «message» peut être
transmis parallèlement au courant porteur (120 ou 220 volts) sur
le même support électrique.
L'immotique semble comporter un avantage sur la domotique pour s'imposer
sur le marché, puisque plusieurs tâches, comme le contrôle
énergétique, ne vont aucunement de soi dans un bâtiment
important. Si le propriétaire d'une maison individuelle est souvent
d'opinion qu'il peut lui-même s'en acquitter facilement, dans le
monde immobilier, la gestion doit parfois s'effectuer à distance
et peut s'étendre à un parc immobilier entier. Il devient
alors nécessaire de centraliser les opérations et de permettre
la communication entre la multitude de logiciels provenant de manufacturiers
différents. Mis au point par Travaux publics Canada, le protocole
CAB (Canadian Automated Building) a pour but d'harmoniser le travail des
différents logiciels.
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6 - Graphique historique |
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De la Tour Effel
à la Tour World Financial Center |
Graphique historique
des immeubles de grande hauteur
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7 - Galerie photos |
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Au tout début .... |

Cathedrale de Cologne |

New York Tribune Building - 1873 |

Empire State Building - New York |

Woolworth Building - New York - 1913 |

Hancock Tower - Chicago - 1965/70 |

Lever House - New York |

Buildings 1970 |

World Trade Center - New York -1971 |

National Bank - Chicago |

Kuala Lumpur - 1997 |

Burj Al Arab hotel - Dubai |

Construire encore et toujours
plus haut !
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